À l'occasion des 120 ans de la mort du célèbre écrivain Jules Verne, vous découvrirez ce lundi, un monstre de 12 tonnes pour 6 mètres de hauteur prénommé le Nauti-Poulpe. Cette créature est née de l'hybridation du sous-marin le Nautilus et du Poulpe de Vingt Mille Lieux Sous Les Mers. Lors de sa création, cette dernière a nécessité de nombreuses réflexions sur des détails qui pourraient pourtant passer inaperçus aux yeux de ses spectateurs. Nous vous les présentons donc dans cet article !
Pour rappel, cette œuvre a vu le jour grâce à François Schuiten, son dessinateur, Pierre Matter le sculpteur, ainsi que les Fonderies de Saint-Sauveur pour la réalisation des éléments. Dans l'ordre des choses, le travail des fonderies a été commencé par la tête de la bête, avec des yeux ronds et globuleux, réalisés en fibre de verre dans lesquels sont installés des branchements électriques afin de permettre aux yeux d'être illuminés depuis l'intérieur de la créature.
Mais lors de sa conception pour le reste du corps, et malgré les informations déjà fournies par les créateurs originels du Nauti-Poulpe, plusieurs interrogations ont travaillé les esprits des fondeurs de Saint-Sauveur. Avec l'aide d'une maquette à taille réelle réalisée en bronze, il leur a fallu user d'astuces pour découper les morceaux de la maquette et ainsi les faire passer dans leurs châssis qui sont de grosses structures métalliques retenant le sable lors du moulage des pièces. Ils ont donc, face à cela, dû découper la structure en environ 70 morceaux, prenant le modèle de base, afin de trouver les bonnes techniques et d'être les plus efficaces possible.
L'oeuvre finale à elle-seule a été réalisée à partir d'un squelette en inox, mais aussi avec des éléments réalisés à partir de 90% de cuivre très souple, obligeant le savoir-faire car ce métal durcit très vite et demande par conséquent une précision extrême sans laisser de place à l'erreur.
Vous pourrez également constater que cette oeuvre est couverte de 8mm de bronze pour un total de 600kg de ce métal réparti sur la sculpture, dans son ensemble. Pour l'aspect final, une solution au nitrate a été fabriquée pour colorer la peau, en plus du plâtre utilisé pour donner un aspect texturé à cette dernière. Les tentacules sont dotées de ventouses réalisées également en bronze et sont au nombre d'environ 350 éléments. Ce sont donc des matériaux choisis avec une attention particulière, et ce, dans le but d'obtenir le meilleur résultat possible en partant des croquis et maquettes données par les artistes.
Mais l'objectif de cette œuvre, c'est aussi d'avoir un résultat le plus durable possible dans le temps. C'est ce que Pierre Matter, son sculpteur, a tenté de réaliser sans pour autant avoir pleinement conscience de la chose : "On a pas du tout conscience que cette œuvre va nous survivre parce que c'est vrai que dans ce métier on vit quasiment "au jour le jour". Donc on profite de chaque instant et ce qui viendra après viendra après."
Le Nauti-Poulpe vous invite donc à venir le découvrir lundi 24 mars 2025, à la Halle Freyssinet à Amiens !