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Rencontre avec Anaïs Défossé, médiatrice culturelle au FRAC

Le 12/03/2025

Dans Hors temps scolaire

Nous, les Magistiques, sommes allés rencontrer Anaïs Defossé, au Fond Régional d’Art Contemporain situé rue de Pointin, qui est aussi une ancienne du centre Noyon !

A quoi sert le FRAC ?

Alors, le FRAC, ça a 40 ans. Il y avait beaucoup d'art contemporain, mais à Paris seulement, donc, les personnes qui habitent à Marseille, par exemple, ne pouvaient pas trop aller voir les œuvres. L'idée, c'était de pouvoir répartir les œuvres qui étaient à Paris et de les mettre un peu partout en France. Aujourd’hui il y a 23 FRAC partout en France.

 

Les œuvres ici sont-elles célèbres ?

Ici non elles ne sont pas très célèbres La plus connue, c'est un dessin d'un artiste qui s'appelle Jean-Michel Basquiat, c'est très connu dans le monde de l'art contemporain, mais moins connu que la Joconde qui est au Louvre. Mais on a plein d'autres œuvres qui sont très chouettes. Elles n'ont pas besoin d'être connues pour être bien. 

 

Combien de temps vous gardez les expositions ?

Trois, quatre mois en général. Après, on change, on enlève tout et on monte une autre exposition.

 

Y a-t-il des rendez-vous avec des artistes ?

Oui, des fois, ils viennent pour faire des ateliers, pour dédicacer des ouvrages, pour faire des performances. Quand on lance l'exposition, le premier jour en général les artistes sont là pour faire un petit discours et pour pouvoir discuter avec les visiteurs.

 

Est-ce qu’il y a d’autres événements ?

Oui, tous les samedis à 15h on fait des ateliers pour tout le monde. Il y a un événement début juillet qui s'appelle Minifrac, pour les familles et les enfants avec des spectacles, des ateliers avec des artistes et ça se finit par une boum ou un concert. On a aussi un événement qui s'appelle Ping Pong, qui vient juste de passer. 

 

En quoi consiste votre travail ?

Alors, je suis médiatrice culturelle et mon travail, c'est de faire les visites avec les groupes et toutes les personnes qui viennent visiter le FRAC. Je rencontre les artistes qui me racontent pourquoi ils ont fait ces œuvres-là, pourquoi ils ont fait cette exposition. Et moi, mon but, c’est de retranscrire à toutes les personnes qui passent ici pour visiter ce que l'artiste a voulu dire. Et je fais aussi des ateliers. 

 

Est-ce que vous aimez beaucoup votre travail ?

Oui, j'aime beaucoup parce que j'explique des choses. Je découvre des œuvres différentes tout le temps et je vois plein de gens différents : groupes d’enfants, adultes…  Avec plein d'ateliers. Et puis, je rencontre plein d'artistes aussi. C'est quand même chouette.

 

Quelles études faut-il faire pour votre métier ?

Moi, je n'ai pas fait les bonnes études. J'ai quand même étudié l'art parce que j'ai fait du cinéma quand j'étais au lycée et j'ai continué à la fac. J'ai appris beaucoup de choses sur les films, sur comment faire un film et comment on tourne et après, je me suis un peu retrouvée là par hasard. Quand j'ai fini mon master, on était en 2020. Il y avait le confinement. J'ai fait un service civique dans une association de quartier en attendant que le monde de la culture réouvre. C'est là que j'ai découvert la médiation culturelle. Quand mon service civique s'est terminé, un poste s'est ouvert. J'ai postulé et je suis arrivée là. Au début je n'avais pas de connaissances en art contemporain mais au fur et à mesure, on apprend.

 

Est-ce qu’il y a du public tous les jours de la semaine et beaucoup de touristes ?

Il y a des jours où il y a un peu plus de monde comme le mercredi. Il y a des familles qui viennent avec des enfants, des gens seuls, des étudiants qui viennent travailler parce que tous les livres qu'il y a là sont consultables mais il n’y a pas beaucoup de touristes. comme on est dans un quartier résidentiel on ne passe pas devant par hasard. Souvent, les gens viennent soit du quartier, soit d'Amiens et très peu des alentours.

 

Si tout est gratuit, comment faites-vous ?

On est sur des subventions publiques, entièrement. On n'a pas de revenus, ni bénéfices.. Il y a des FRAC qui sont payants car ils n'ont pas assez de subventions publiques. Donc il faut aller chercher toutes les subventions, les garder et faire en sorte que ça grandisse. Des fois, on peut aller chercher des projets qui sont subventionnés. Je sais que ma collègue fait des projets en prison, par exemple.

 

Combien de personnes travaillent ici ?

On est 14, si je ne dis pas de bêtises. Raphaël, Marie, Justine et moi on est sur la médiation auprès de publics différents. Il y a une personne qui est à la communication, Baptiste qui s’occupe de la collection, Charlotte en charge des expositions, Christophe qui est régisseur et un autre Christophe qui s’occupe de la documentation. On a aussi Djamila et Eléana qui sont à l'administration, Pascal qui est à la direction et enfin Yoann notre responsable. C'est beaucoup mais il faut tout ce monde-là pour que le lieu vive.


Enfin, quels souvenirs gardez-vous de Dolorès ?

J'en garde des bons souvenirs. J'ai passé beaucoup de temps au centre quand j'étais petite. Tous les mercredis, et une grande partie des des vacances. J'ai des souvenirs des activités manuelles qu'on faisait à l’étage ! 
 

Les Magistiques
Crédit photo : Les Magistiques